mardi 19 juin 2018

Séminaires d'été 2018









Carleen Binet

Séminaires d'été 2018
2 séminaires en juillet 2018
Du 16 au 20 juillet 2018
Comment développer votre confiance en vous-même pour vous construire une vie personnelle et professionnelle qui ait du sens (tout public)
et
du 23 au 27 juillet 2018
Comment devenir Napoléon et éviter Sainte-Hélène(Niveau avancé)

Comment développer votre confiance en vous-même
L'estme de soi, son périmètre de confort et plaisir, mes batteries énergétiques, les fonctions de ma personnalité et mon triangle d'excellence

Comment devenir Napoléon et
éviter Sainte-Hélène
Les ressorts de l'ambition, bien connaitre mes forces pour me développer, faire de mes difficultés des moteurs, mise en oeuvre et réussite à long terme

Carleen Binet
Passionnée par le potentiel inexploité des personnes, j’accompagne des cadres dirigeants à développer et exploiter leurs ressources, conquérir autonomie et confiance en eux. 

Je vous propose de télécharger gratuitement mon dernier ebook

Il servira lors des séminaires de cet été.
Vous y êtes les bienvenus
Carleen Binet
MO P S Y / E.F.M.
Coaching et Formation
Expert APM et GERME
Membre titulaire de la Société Française de Coaching
Psychanaliste membre de la SFPA et de líIAAP





Kilian MBAPPE, un multidoué



Quel bel exemple d’aérodynamisme, ce que Corman appelait la rétraction latérale. La masse entière du visage est projetée en avant des oreilles, alors qu’un bébé a autant de masse devant que derrière les oreilles.

Regardez, c’est un vrai TGV. C’est la dopamine, entre autres, le neurotransmetteur de l’exploration qui va provoquer cette modification du squelette et forger un corps et un visage d’athlète. Vont s’y associer la rapidité, le besoin de gagner, de toujours avoir une encolure d’avance comme un cheval de course, l’impulsivité, le plaisir du risque et du défi, le besoin d’être à l’initiative, d’explorer ce qui est nouveau, l’inconnu. 

Quand on a un tel accélérateur, où sont les freins ? Ils sont chez tous les humains dans ce qui recule ou verticalise le profil. Chez Kilian, un peu creux sur les côtés du nez, les yeux légèrement enfoncés et surtout le creux au dessus des bosses sourcilières. Ce n’est pas un cheval emballé, il peut en tenir les rennes et guider son mouvement, ses impulsions.

L’ossature est plutôt solide, il a de l’énergie en réserve. Il la gère plutôt bien à cause des éléments de frein et aussi de la bouche bien occluse. Cela retient son élan et sa combativité qui pourraient être désordonnés. C’est la volonté mentale et l’entrainement qui lui ont appris à se discipliner, chose qu’il continue à détester, mais dont il comprend l’utilité.

Quelles sont ses motivations prioritaires ? Elles vont nous être données par l’étage le plus volumineux qui est l’affectif. L’instinctif (la mandibule) le suit de très près.  Le cérébral, par sa qualité et sa sculpture va faire une bonne tour de contrôle.

Kilian va d’abord rechercher l’amitié, l’intégration dans la bande, la reconnaissance des gens qu’il aime et évidement du public. Son plus grand besoin sera la reconnaissance, aussi va-t-il marcher à l’encouragement, le pointage de ce qui est réussi, le soutien affectif. Pointer les défauts avant les succès est la meilleure façon de le décourager. Devant un reproche, il a l’impression de se vider de son énergie, de sa pêche et de son désir de faire des efforts.

On comprend que les enfants et les jeunes qui sont des futures hommes et femmes d’action soient tellement en difficulté dans le système scolaire actuel. Ils ont besoin de découvrir les choses par eux-mêmes, de bouger tout le temps et on leur demande de rester assis toute la journée et d’accepter d’être gavés, passivement, d’informations qu’ils n’ont pas cherché à obtenir.

Kilian fera des efforts démesurés pour être à la hauteur des attentes de son coach si celui-ci est un "rôle modèle" qu’il voudrait imiter, une figure paternelle aimée et admirée (on sait, que son père est un entraineur de foot et sa mère une handballeuse professionnelle). Il y a en lui un héros qui remporte les victoires et les apporte à son suzerain comme un chevalier du moyen-âge.

De même, pour sa belle, il voudra lui présenter ses exploits. Ce sera une difficulté, si elle en attend autre chose, comme de la présence. C’est un explorateur, un homme d’action, la maison est son port d’attache, il en a besoin, mais il ne fait que passer. Cependant, avec cet étage affectif expansif au nez droit et aux narines très fines et vibrantes, il est aussi subtil et attentionné, généreux et désirant faire plaisir.

La deuxième motivation, donnée par sa mâchoire large, carrée et solide, projetée en avant, va être l’ambition. Le désir de construire quelque chose qui dure dans le temps.  D’assurer une sécurité matérielle, que son intelligence pragmatique va lui permettre de construire.

Elle lui permet aussi une bonne affirmation personnelle, une saine agressivité qui fait qu’il ne se laisse pas faire et demande le respect.

Sur le plan intellectuel, il a une intelligence plutôt de type technique. Si je le recevais en conseil en
orientation, je luis conseillerai d’aller vers une section scientifique, car il a un sens de l’observation particulièrement développé que lui donnent ses bosses sourcilières, On suite on voit bien le creux de la zone de réflexion qui va apporter un arrêt dans une pensée rapide et intuitive en corrélation avec la pente aérodynamique de son front. Il "pige" et réagit vite, il voit la solution devant ses yeux, l’ouverture dans laquelle il va se faufiler.

Si je devais le conseiller donc, je lui conseillerais de continuer ses études, de trouver le domaine qui le passionne et lui permette d’envisager le futur avec la même ambition. Même s’il réussit très bien dans le foot, cela ne lui suffira pas à long terme. Il est curieux, il aime apprendre quand on ne lui demande pas de comptes et que c’est sa curiosité qui le guide. Des études d’ingénieur, de biologie, de géologie ? Evidement, ce sera un homme toujours un homme de terrain, même à un âge avancé. Il n’est pas fait pour les bureaux et la routine. Ce sera aussi un bon manager, un meneur d’homme par son exemple et son attention aux autres, son sens de l’entraide et son engagement. Le sens des responsabilités est déjà fort chez un homme aussi jeune, démontrant sa maturité.
Puisque ma profession est celle de coach, je pourrais aussi lui faire remarquer la différence entre son côté droit et son côté gauche.  (d'abord les deux côtés gauches, les plus larges).


Observez cette reconstitution en mettant côté à côte deux côtés droits et deux côtés gauches. Statistiquement nous avons constaté que pour les droitiers leur côté gauche reflétait leur construction psychologique et renvoyait à l’enfance alors que le côté droit correspondrait à la confrontation à l’actualité. Par exemple, si vous êtes droitier et que le soir vous constatez que votre œil droit "descend" plus que le gauche, c’est que vous avez trop travaillé, et pour vous reposer il vaut mieux ne pas fatiguer plus votre tête et vos yeux. La télé n’est pas la bonne option, mais quelque chose qui occupe plutôt les deux autres étages. Affectif : voir des amis, échanger et rire surtout.  Instinctif, allez donc marcher ou danser, faire la cuisine ou jardiner et bien sûr, jouer au foot qui réunit les deux ! 😉 


Pour Kilian, nous pouvons constater qu’il est gaucher et donc faire l’hypothèse inverse. Au moment de la prise de cette photo. Son côté gauche qui correspondrait à la confrontation à la réalité est plus étroit. L’entrée dans la vie adulte de ce jeune-homme de 19 ans a dû se faire avec une grande contrainte personnelle sur les désirs de liberté et de jeu d’un adolescent. Il a dû encore plus fortement se discipliner, ce qui l’a amené à se rétracter pour renforcer ses systèmes de défense, sa volonté de réussite et son endurance. Le côté droit est plus large et expansif, ce qui correspond a une enfance plus protégée, mais avec une éducation menant à l’autonomie et à la responsabilité de soi-même comme le démontre la bouche plus fine et fortement occluse.

Il pourrait dire : « Avec mon hémiface gauche, je combats, avec mon hémiface droite, je résiste sur les solides appuis de mon enfance stimulante. »

Ce sont les deux regards qui frappent, le gauche scrute et le droit reçoit, ce qui augmente ses performances intellectuelles et d’observation. Les deux ont une paupière mobile plus atone, qui indiquerait une réceptivité rêveuse quand il se le permet. Cela adoucit son côté très volontaire, lui amenant de la poésie, une sensibilité artistique que l’on va retrouver dans la finesse de sa bouche au joli dessin et la finesse sensible de ses narines. Ces éléments vont certainement contribuer à lui donner un jeu plus inventif et subtil, ce qui va se retrouver aussi dans sa vie amicale et amoureuse. Il prend peut-être cette tendance à la rêverie pour un défaut, alors que c’est un moyen de se ressourcer et d’inventer des stratégies encore plus performantes.

Et pour combler les amoureux du foot, voici un palmarès déjà impressionnant pour ce futur Messi, Ronaldo ou Neymar selon Buffon. Propos et dia prises dans l’interview :

5 FAITS À CONNAÎTRE SUR KYLIAN MBAPPÉ par VAL FOOT https://youtu.be/guwkolhglrg










mardi 5 juillet 2016

Court Portrait de Danton

Ce soir sur Secret d'histoire, un portait de DANTON. Pour apporter une petite pierre à l'édifice voici un court portrait de ce tribun exceptionnel, défenseur du peuple dont il se sentait l'avocat. Homme paradoxal dont les défauts étaient aussi "Hénaurmes" que ses qualités?
Voici le lien : http://www.leblogtvnews.com/2016/07/numero-inedit-de-secrets-d-histoire-consacre-a-danton-ce-mardi.html


COURT PORTRAIT DE DANTON
Ce visage de colosse rend bien compte de son tempérament. L’ossature très puissante renvoie à un corps de pilier de rugby qui aime l’affrontement, se mesurer pour le plaisir de ressentir sa force et de l’imposer, ce que l’aérodynamisme du profil ne fait que renforcer

Georges Danton  Anonyme Musée Carnavalet



Croquis par DAVID
à la Convention en 1794



Les trois étages sont en expansion, comme soufflés vers l’extérieur, la chair aussi épaisse et musclée. On y trouve son appétit de vivre, la sensualité de contact, la faim et la sexualité gourmande. Si le nez est petit, c’est qu’il a été cassé par le taureau (du moins c’est ce que rapporte la légende) qui lui déjà avait fendu la lèvre gauche dans son enfance. Sa bouche est particulièrement ourlée, charnue et sans doute surplombante, ce que David à accentué. La gourmandise ou plutôt l’avidité du tempérament n’est pas freinée par une retenue de la bouche, au contraire, il passe à l’acte sans vergogne.

A-t-il un surmoi, un tuteur intérieur qui le retient et lui donne des règles de vie, un peu de scrupule ? Bien sûr, l’enfoncement et le rapprochement des yeux apporte un recul violent sur ses actions et ses désirs par son contraste avec tout le reste du visage débordant de vitalité. Danton devait-être tiraillé entre son tempérament fougueux et les contraintes éducatives et morales. On avait sans doute essayé de dompter et de canaliser sa fougue. Le résultat est dans l’opposition bossuée que forme le contraste entre ces petits yeux enfoncés chargés presque à eux tout seul de le retenir et la puissance de ce visage et de ce corps massif. Il y a fort à parier qu’il fonctionnait en « courant alternatif ». Il dirigeait relativement sa pensée dans le sens désiré par son intelligence et se laissait aller à trop d’excès dans sa vie privée.

Tels les grands chanteurs d’opéra, ce peu de maitrise permet de donner tout ce qu’on a dans le ventre, ce qu’il faisait en tant qu’orateur hors pair qui ne préparait jamais ses discours et qui embarquait la foule par sa puissance et sa passion. Il savait quand il ne devait pas faire ou dire quelque chose, mais si la passion le prenait, alors il était incapable de se retenir.

Et la passion, on peut deviner ce qui la réveillait. La lèvre surplombante de l’enfant trop tôt enlevé à une protection tendre et maternelle s’oppose à l’écrasement des côtés du nez montrant le traumatisme de cette privation. Il va s’identifier à ceux qui sont malheureux comme lui, soumis à l’injustice et aux privations incompréhensibles et inadmissibles. Il va faire des études d’avocat pour lutter contre les injustices et chevaucher les idéaux de la révolution qui rejoignent ses propres souffrances.

Une telle personnalité est forcément ambivalente, Il est le révolutionnaire qui défend le peuple et l’homme à la moralité élastique que l’avidité de son tempérament entraine à bien des compromissions. Pour sa défense, on peu dire que peu d’hommes d’Etat de son époque n’ont pas trempé le doigt dans la confiture.

Ce portait très court qui ne veut donner que quelques éléments d’explication pour que vous les ayez en tête si vous suivez l’émission de Secrets d’Histoire de ce soir, ne saurait faire l’impasse sur son étage dominant, l’étage cérébral et ses corrélations avec son intelligence.

Georges Jacques Danton, portrait,
musée Carnavalet, XVIIIe siècle. Anonyme
Son front très expansif, oblique et légèrement différencié est typique du front d’un intuitif, à la pensée qui part dans tous les sens. Plein d’idées et de projets se bousculent. Les associations de pensée sont instantanées, elles fluent par la parole que rien ne retient. Si on ajoute les éléments de sens esthétique de la forme que donne le délicat dessin de ses sourcils et le bombé sous leur queue avec le dessin de sa bouche, on peut rajouter que ses discours n’étaient pas que vigoureux mais aussi inventifs et élégants quand il le désirait. Il devait aimer la belle langue et les belles choses. C’était bien tentant de prendre des pots de vin pour se les payer ou gâter sa jeune deuxième épouse de 16 ans. On peut même penser que cette composante féminine en faisait un amoureux sans doute plus délicat et attentif que son tempérament ne le laissait supposer. Mais là aussi, il fallait composer entre la passion torrentielle et l’amour du fin et du subtil. Il y a fort à parier que lui se sentait fragile et sensible par la plus grande délicatesse de ses yeux, nez, bouche, communicateurs du conscient et ne comprenant pas l’effet qu’il faisait à ceux qui craignaient sa violence verbale projetée par la puissance de sa carrure et de sa passion.

Quelques citations qui le mettent en scène :

Son célèbre discours à l’Assemblée, salué par une ovation assourdissante du 2 septembre 1792

« Il est bien satisfaisant, messieurs, pour les ministres d’un peuple libre, d’avoir à lui annoncer que la patrie va être sauvée. Tout s’émeut, tout s’ébranle, tout brûle de combattre ! (…) Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France sera sauvée ! »

La citation que l’on peut lire sur le piédestal de sa statue Place de l’Odéon à Paris « Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple »



Et un jugement de Condorcet, qui pourtant ne l’aimait guère : « Il fallait dans le ministère un homme qui eût la confiance de ce peuple dont les agitations venaient de renverser le trône (…) qui par son ascendant pût contenir les instruments très méprisables d’une révolution utile, glorieuse et nécessaire (…) qui par son talent pour la parole, par son esprit, par son caractère, n’avilît point le ministère. Danton seul avait ces qualités. » « D’ailleurs Danton a cette qualité si précieuse que n’ont jamais les hommes ordinaires : il ne hait ou ne craint ni les lumières, ni les talents, ni la vertu. »[

Danton conduit à l’échafaud à 34 ans. Sanguine attribuée à Wille
 « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine ! »
Portraits de Danton et Hébert pris sur le vif pendant leur procès respectif, par Dominique Vivant Denon
- je n'ai gardé que la tête de Danton
[

samedi 28 mai 2016

CAMBRONNE A SAINT-SEBASTIEN-SUR-LOIRE,UNE RETRAITE ACTIVE, Par Philippe ZENTKOWSKI pour la partie historique et Carleen BINET pour la partie morphopsychologique Présentation à l’Hôtel de Ville de Saint-Sébastien-sur-Loire le 27 février 2002



Philippe ZENTKOWSKI : Cambronne et Saint-Sébastien-sur-Loire, la partie historique :


J’ai eu l’occasion de travailler sur l’histoire locale, ce fut ma première mission, j’ai rejoint le cabinet du maire où j’assure aujourd’hui après trois années passées à ses côtés, la direction de l’institutionnaliste, c’est à dire toutes les relations dans le cadre de la nouvelle communauté urbaine de Nantes.

Il m’a été demandé de parler de Cambronne et de sa retraite heureuse sur Saint-Sébastien.

Quelques mots d’abord pour situer le personnage dans son évolution. Il est né à Nantes en 1770, d’une famille de négociants originaire du Cambrésis, le siège familial se trouve dans la commune de Cambron. Et son père arrive dans le cadre du commerce porteur nantais, il est commerçant en bois alors que ses frères et sa famille font le commerce de drap dans le Nord de la France. A partir de là, un grand nombre d’échanges va se faire entre les deux familles comme cela se faisait à l’époque. Et il participe activement du commerce portuaire avec la nouvelle Amérique.

L’enfance de Cambronne se déroule en partie à Nantes et en partie à Saint-Sébastien où il passe la majeure de ses vacances, c’est un jeune garçon intrépide. La légende rapporte que son grand plaisir était de traverser la Loire à pied quand elle était gelée, au grand dam de sa mère qui le corrigeait quand elle apprenait qu’il avait osé prendre ce type de risque.

Cela en dit déjà un peu long sur la nature de ce personnage, encore qu’il faille toujours être prudent parce que les légendes ont pour effet de retenir que ce qui colle à la peau du personnage. Il a certainement fait dans sa jeunesse tous les jeux que les enfants pouvaient pratiquer. Il fait ses études au collège des oratoriens qui est une école relativement stricte à une époque où le directeur nommé Foucher qui deviendra donc ministre de Louis XVIII après avoir côtoyé l’Empire (C’est peu dire, il fut le ministre de la police de Napoléon).

L’histoire nous rapporte que son père décède alors qu’il est âgé de dix huit ans, ceci coïncide avec la fin de ses études. Certains historiens rapportent qu’il aurait abandonner ses études, sa mère ne pouvant plus payer. D’autres disent qu’au contraire il s’en est sorti brillamment et que sa scolarité était terminée, Cambronne devait reprendre les affaires de son père, c’est à dire le commerce du bois (l’importation de bois exotique). Il n’en est rien, on a des témoignages sur son engagement humaniste, à la fin du XVIIIème siècle, on est vers 1788- 1789, il a 18-19 ans. Il participe aux premières chambres de lecture à Nantes et très vite dès Janvier 1789 il s’engage dans le bataillon des jeunes gens de Rennes pour aller prêter main forte aux révolutionnaires rennais qui croisent le fer déjà, bien avant la date historique de la révolution française, car chacun a en mémoire la prise de la Bastille qui se déroulera en Juillet 1789. Sept mois avant déjà, il y a des échauffourées et Cambronne prend la direction d’un bataillon de jeunes gens. On imagine déjà un certain charisme du personnage, même très jeune, apte à diriger ce bataillon.

Après, Cambronne va revenir, il va participer à la lutte contre l’insurrection vendéenne – ici nous sommes à la limite de la Vendée, le sud de la Loire subit une très forte influence de la pensée vendéenne –. Nous sommes dans une paroisse – car les communes n’existent pas encore – où la population est assez divisée, à peu près pour moitié, la moitié est républicaine, l’autre moitié est plutôt conservatrice, attachée à ses droits qui sont conférés par le parlement breton notamment et puis par la région du Poitou. Cambronne va choisir et va s’engager auprès des républicains. Et il va comme ça à travers quelques échauffourées aller croiser le fer avec les Vendéens. On lui reconnaîtra à cette époque une certaine bravoure, une certaine droiture qui font que Hoche l’intègrera dans l’armée régulière très vite, aux alentours des années 1793. (Il y a un passage de deux ans avant où il y a un flottement dans sa carrière, il se dit dépité par le métier des armes).

Il intègre l’armée régulière de Hoche et il participera bien sûr à la fin de l’insurrection vendéenne, lorsque le débarquement de Quiberon aura raison des immigrés, des conservateurs qui cherchaient à fuir. Et peut-être ses attaches nantaises, le fait qu’il ait eu de nombreux amis et des camarades de classe qui étaient dans l’autre camp, lui vaudra une attitude assez exemplaire et humaniste puisqu’il évitera le massacre d’un grand nombre d’immigrés lors de cette opération de Quiberon. Voilà ce que l’on peut dire sur sa jeunesse, pour situer très rapidement.

On va passer assez vite, car le personnage est très riche.

Intégré dans l’armée de Hoche il viendra tout naturellement dans l’armée napoléonienne, il participera à toutes ses campagnes. On lui reconnaît une très grande fidélité à l’Empereur. Il gagnera successivement ses médailles, en 1804 lorsque Napoléon envisagera d’attaquer l’Angleterre avec le camp de Boulogne il fera partie de la première série de remise de la légion d’honneur en Juin 1804. C’est une cérémonie tout à fait gigantesque où l’Empereur apparaît pour la première fois à la nation dans son habit d’apparat avec une cape d’hermine, un trône en or il y a deux cent mille soldats qui sont autour, c’est très impressionnant. Il suivra Napoléon dans toutes ses campagnes contre l’Autriche, il participera très peu à la campagne de Russie puisque Napoléon l’enverra surveiller l’Espagne. Au fur et à mesure qu’il gagne ses galons, il revient à la fin de la campagne de Russie pour partie à la campagne de Saxe. Il sera nommé à cette époque à la tête du régiment de la jeune garde, puis il sera fait commandeur de la légion d’honneur.

L’épopée napoléonienne se termine vers 1814 avec sa reddition à Paris, et Cambronne proposera d’accompagner l’Empereur à l’île d’Elbe et c’est ce qu’il fera : voilà encore un exemple de la fidélité de Cambronne jusqu’au bout. Ils réussiront à s’évader tous les deux en février 1815 avec une poignée de quelques hommes. Cambronne débarquera quarante huit heures avant Napoléon à Golf Juan, négociera avec les autorités locales, avec le préfet, son bon vouloir à laisser débarquer Napoléon. Cambronne remontera sur le Nord de la France par la célèbre route Napoléon – cette route devrait s’appeler la route Cambronne, car c’est lui qui l’a ouverte quarante huit heures avant Napoléon – c’est lui qui levait les foules, c’est lui qui recrutait pour recréer une armée complète, celle qui allait finir en Juin 1815 à Waterloo dans une grande défaite mais quelle bataille !
Cambronne à Waterloo par Dumaresq 1867
A partir de 1815, de Waterloo, Cambronne devient plus mystérieux. Il a la reconnaissance de la France. Il est devenu très célèbre, il est connu universellement, et là il devient plus mystérieux, c’est un jugement tout à fait personnel, mais les historiens ont du mal à définir de façon précise ce qui s’est passé après.
                         


     Gros plan  du tableau de Dumaresq 
« Cambronne, on y pense avec peine,
Ne se montra pas bien français :
Crier aux ennemis le mot qui porte veine,
C'était fatalement assurer leur succès. »
Tristan Bernard
A Waterloo déjà quand on lui attribue cette célèbre phrase « la garde meurt mais ne se rend pas » ; il faut dire que depuis 1815, la famille du Général Michel revendique l’inscription de cette phrase à la mémoire du Général Michel. Cambronne n’a jamais démenti qu’il ait prononcé ou qu’il ne l’ait pas dit. Dans les salons mondains chacun cherche à savoir s’il a dit le fameux mot de Cambronne – celui de cinq lettres – il ne répond pas ou de façon évasive, il cultive le doute, il devient très mystérieux à partir de ce  moment là.

Il est même condamné par Louis XVIII. Au départ il s’agit de le condamner pour conspiration contre l’Etat, en fait il s’en tirera avec une condamnation mineure : soutien à l’Etranger – car Napoléon est considéré comme étranger – et donc la peine sera relativement légère. Louis XVIII le réintègrera dans l’armée quelques mois après, il en fera même un vicomte, c’est vous dire la capacité à rebondir qu’avait cet homme.

 Et après avoir gagné autant de batailles, il n’en était pas à une de plus et il a aussi gagné celle-là. Il reprendra un peu de service et puis l’heure de la retraite arrivera. Il la passera essentiellement à Saint-Sébastien où il rencontre une jeune veuve écossaise Marie Osborne (née en 1773, naturalisée française en 1813), qu’il épousera en 1820 et à partir de là, il se désengagera, il demandera sa remise à la retraite dans les quelques mois qui suivent.

Il prendra sa retraite, plusieurs anecdotes circulent. D’abord c’est une retraite qui ne sera pas forcément paisible puisqu’il sera très surveillé par les autorités, on connaît sa fougue, son engagement, et le préfet redoute qu’il enflamme cette partie de la Vendée. Et on craint que – Cambronne qui bénéficie d’une notoriété exceptionnelle, c’est le personnage le plus connu de la région nantaise – reprenne du service bénévole cette fois. Il n’en fera rien, et l’on a plusieurs rapports des autorités qui sont agacées simplement par le fait que Cambronne vient parader dans les salons nantais en habit avec l’ensemble de ses décorations. Et je pense qu’il le fait un peu comme une provocation à l’époque, un retour vis-à-vis de l’histoire.

On rapporte aussi qu’il adorait les enfants, c’était un personnage qui leur faisait des tours.

Il reçoit ses anciens amis de l’armée napoléonienne. On rapporte qu’un de ses grands plaisirs, c’était d’aller prendre son bain en Loire et d’exhiber l’ensemble des cicatrices qu’il avait.

Et puis il s’éteindra, toujours dans le mystère, car personne n’a jamais tranché s’il avait prononcé ces cinq lettres ou s’il avait dit « la garde meurt et ne se rend pas », ce qui n’est pas forcément très fidèle au personnage parce qu’il était de ceux à mourir plutôt qu’à se rendre et il ne l’a pas fait à Waterloo.

Voilà une présentation très sommaire de Cambronne.



Carleen BINET : Analyse morphopsychologique de Cambronne :



Chez la plupart des héros, chez ces hommes que l’on pourrait considérer comme hyper-viriles, on remarque la présence d’une très grande composante féminine. Chez Cambronne, (je pense que ce portrait est un peu idéalisé) et sur d’autres documents il est beaucoup plus rétracté bossué. Mais les éléments de délicatesse de sa bouche, aux lèvres joliment ourlées, cette expansion affective et cérébrale, les yeux et les sourcils très féminins avec cet espace sous le sourcil d’un bombé qui serait associé au plaisir à la forme, ajoute de la délicatesse et de l’élégance chez un homme dont l’histoire a surtout retenu la rudesse de langage.

Cambronne document Presse Océane
 Si on analyse son visage, c’est typiquement celui d’un homme d’action au profil aérodynamique (rétracté latéral) sur un corps sans doute assez solide.

  Nous avons étudié en séminaire avec l’équipe municipale, la grille de Sociostyles (Osgood/Glâtre). Elle indique le style de besoin principal de la personne (échelle de Maslow). Cela permet de mieux dialoguer avec un interlocuteur, en respectant le mode communication dans lequel il est à l’aise. C’est ce qui nous fait dire que la morphopsychologie est une politesse du cœur !
Selon cette grille, Cambronne est un Promouvant. Un homme qui aime le risque, les responsabilités et entrainer les hommes à le suivre dans l’action. Son besoin principal est la reconnaissance. Les promouvant sont des aérodynamiques toniques avec une expansion affective (pommettes large et nez puissant reposant sur une saillie).

Il y a un besoin d’affiliation chez les hommes qui ont une expansion affective. C’est un besoin chevaleresque de se trouver un héros auquel on va s’identifier. On va se battre pour lui, lui ramener les drapeaux ennemis pour en recevoir la reconnaissance pour sa bravoure.  Philippe Zentkowski nous a rappelé son courage et sa fidélité à Napoléon.

Cambronne par Delpech

Promouvant et composante féminine, étonnamment, on va trouver ces éléments chez de nombreux maréchaux et généraux de Napoléon. Regardez le front de Cambronne, il est très arrondi, les yeux sont doux, les sourcils fins et loin de l’œil font penser à ceux d’une jolie femme. C’est un front d’intuitif, de poète ou de peintre. C’est travaillant sur le portrait de Napoléon et de son état major que je me suis vraiment rendu compte, qu’en fait, les stratèges n’étaient pas des ingénieurs, ils étaient des peintres. Ils avaient une capacité de vision globale, de vision cinétique dans le temps, de voir à la fois tout ce qui allait se passer au même moment et comment ça allait se dérouler dans le temps.

Une différenciation trop forte -creux au milieu du front, amèneraient trop de réflexion logique, un esprit beaucoup trop séquentiel pour arriver à avoir cette notion de globalité au présent, avec appui sur le passé et ouverture vers le futur. Cambronne aussi avait une intelligence globale, intuitive et artistique qui lui faisait voir un champ de bataille comme une œuvre d’art.

Ce front large et haut, très bombé est en corrélation avec une intelligence curieuse et très intuitive. Il résout les problèmes dans l’instant, il sait ce qu’il doit faire, instinctivement.

Les hommes très aérodynamiques avec peu de verticalisation (rétraction frontale), gardent un côté adolescent très joueur. Tous ses hommes aimaient se la jouer : « On est les plus forts, on est des vrais et on va le leur montrer ». C’était une armée de très jeunes gens. Ils ont conquis l’Europe avec plein d’idéalisme, un prosélytisme affectif. Ils étaient convaincus d’être les libérateurs de l’Europe des anciennes tyrannies. Ils portaient les valeurs révolutionnaires, des valeurs démocratiques, en tout cas, eux, en étaient tout à fait persuadés. Cet aérodynamisme donne aussi la fougue et la "furia francese"                                                                                                                                 

                                                                                                                        

Sur le plan relationnel il est passionné mais réservé et pudique sur ses sentiments (étage affectif aux larges et hautes pommettes, des creux et des bosses d’un modelé rétracté bossué, un enfoncement des sinus, moyen), il partage peu ce qu’il ressent. Son besoin de reconnaissance l’amène à être très séducteur, il va se mettre faire valoir en racontant ses exploits, mais il ne parlera pas de ce qu’il a ressenti.

Il ne veut pas qu’on voit qu’il est sensible (narines très fines et vibrantes, éléments féminins) donc il s’impose et dicte sa loi, il peut jouer au soudard, alors qu’il est fin et élégant.

Quand ses sentiments sont mis en cause, il vibre de façon beaucoup trop intense pour pouvoir le supporter : il doit refouler et défouler en action incessante, en agressivité pour ne jamais laisser remonter ce trouble déstabilisateur. Il feint d’autant plus de flegme qu’il est très sensible. Cela augmente sa combativité.  Il entraîne derrière lui : tant pis pour les faibles, il ne va pas se retourner. Il avance, il trace avec détermination, paraissant froid et cynique.

 Pour rester dans l’esprit de notre séminaire sur les modes de communication préférentiels, Napoléon était un Réalisant, dont le besoin principal était la réalisation de soi, avec un solide sens pragmatique du retour sur investissement. Il a inventé des médailles pour récompenser ces jeunes soldats idéalistes et assoiffés de reconnaissance qu’étaient les Promouvants. Il était d’ailleurs sidéré que l’on puisse mourir pour un « hochet » !



Philippe Zentkowski : Je suis frappé par cette composante féminine, et j’apporte de l’eau à ton moulin : On a eu entre les mains ses carnets de notes à l’époque où il était au camp de Boulogne en 1804, il a 34 ans. Il est donc au milieu d’une discipline militaire très forte, très organisée de gens qui sont prêts à aller attaquer l’Angleterre. Dans un univers de soldats, on côtoie la vermine, la crasse. C’est cette époque où il écrit à une de ses amies avec laquelle il entretiendra une correspondance de dix années. Il lui envoie des poèmes extraordinaires, il va même jusqu’à lui dessiner des robes. C’est ce paradoxe qu’il y a entre le guerrier, celui qui est engagé, on peut dire machiste et c’est à ce moment là qu’il se met à dessiner des robes pour sa bien-aimée.



Carleen Binet : Donc en plus une composante féminine bien intégrée, ne lui posant pas de problème !

Quand on parle de la composante féminine d’un homme – les non morphopsychologues peuvent être inquiets, et se dire : « ça veut dire que je suis homosexuel ? » Mais non, il n’y a pas de relation entre l’homosexualité et la composante féminine. Cette composante, chez un homme, va amener des éléments de délicatesse, de subtilité, de finesse d’appréhension, de capacité de mettre un peu d ‘élégance dans ses propos, dans sa façon de se conduire et voire même de se vêtir ou de s’entourer d’une décoration subtile.

Dans la composante non féminine de Cambronne, plutôt dans la composante soudarde, rappelons une blague de Jean Yanne : : « Cambronne ne mâchait pas ses mots. Heureusement pour lui. »